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29 mai 2008

Amant passé

 

Je respire pour retrouver notre odeur. Parfum de luxure haut de gamme. Il m’a serrée comme j’en avais besoin, oui. Des semaines que je tournais dans mon lit à la recherche de bras. Et il y eut les siens, oui. Il m’a donné du plaisir comme à chaque fois, oui. J’ai pu avoir 17, 5 et 30 ans aussi. J’ai ri, j’ai joui, oh oui, encore, oh oui, oui.


Mais ce soir ce n’est pas à lui que je pense.

 

Illustration sonore: Alanis Morissette - Can't not (Supposed former infatuation junkie)
because I cannot walk without my crutches/because I can't not/because I can't help wonder why you ask me 

 

Fermer les yeux...

Et apercevoir la seule douceur dont j'ai besoin.

(celle de tes caresses)

27 mai 2008

Écho graphie

Ce n'est pas que personne ne peut comprendre.... Mais elle... elle le ressent aussi.

Un mot de toi…

Et je me sens replonger dans quelques envoûtants délices.

Pouvoir enfin m’oublier en ta faveur.

Mes yeux plantés dans les tiens, je suis déracinée.

Tendre chair envolée. Aimée,

Un doux moment de flottement...

25 mai 2008

Poupée désire

 
1404257628.jpgEn attente. Trop en attente, sans savoir de quoi. La petite fille gâtée attend que ça lui tombe dans le bec. La petite fille gâtée s’ennuie sans cadeaux. Elle ne fera pas de liste, après tout, c’est aux autres de savoir pour elle. Pas la surprendre, non, la deviner. La petite fille pourrie dit souvent non. La petite fille se pourrit la vie parfois. Elle pense à ce jouet qui s’est cassé on ne sait pas pourquoi, on ne sait où. Elle pleure parce qu’elle était contente de l’avoir et que maintenant il va falloir en chercher un autre. Elle pleure de tous ceux qu’elle a perdus. Plus perdue qu’eux maintenant. La poupée est abîmée, elle ne parle plus désormais.
 


Illustration sonore : Cocorosie – Candyland (La maison de mon rêve)

23 mai 2008

Reflux

 

Je refuse que tu joues avec cette part de moi. Que tu profites de cette faiblesse que tu considères être une force.

Je refuse que tu fasses la distinction entre l’amie et l’amante. Je crache sur la maman et la putain.

Je refuse que tu fasses tout pour que je retombe pour ensuite m’écraser quand je suis à terre.


Et je t’assure que ce que je te refuse n’est rien comparé à ce que je peux te donner.



Illustration sonore : Sharon Jones and the Dapkings – How long do I have to wait for you (Naturally)

22 mai 2008

Tréfonds

Je me suis fait mal et j’en étais consciente. J’ai suicidé ce tendon à petit feu. Je l’ai trituré de l’intérieur, je l’ai bousculé. J’avais mal, oui. Mais je m’en foutais. Le corps, je m’en foutais. Se faire payer par la douleur physique. C’est ça. Tellement ça. Je me suis infligée une douleur physique par culpabilité. Masochiste.

Toujours quelques angoisses. L’excitation d’être arrivée à la ville, d’avoir mon premier chez moi, d’avoir du temps, retombe un peu. Je ne sais pas comment je pense au Mari. Je pense à lui, mais pas forcément aux causes et aux conséquences de sa mort. Parce que cela m’a assez torturée. Mais ce sera toujours là, toujours en moi, latent, m’attendant au tournant.

2005860889.jpg La reconstruction. Je me construis un nouveau corps, je le sculpte. Malgré moi. Non. À cause de cette blessure que je me suis infligée. J’en suis donc responsable. Mon corps exprime un renouvellement, une reconstruction. Et j’ai mal partout. J’ai mal partout, personne pour s’occuper de mon corps pour l’instant. Ce qui est doit être. Il se pourrait que je sois vraiment une femme fataliste. Ce qui est doit être. Tout est bien. J’accepte la mort du Mari dans cet état d’esprit-là. Mon corps se muscle pendant que je fume. Je le pourris de l’intérieur. Encore.

Je ne pense plus au Mari en pensant qu’il me voit. Nous sommes séparés. Plus aucun sentiment. Je ne pleure plus. J’angoisse à la place. Je ne suis pas guérie, oh non. Me battre, abattue. Ma psy me répétait sans cesse que c’était un combat, que je menais ce combat. Contre quoi ? la dépression toujours, sans doute. Les idées morbides. L’inconfiance en la vie. La douleur.

Besoin de me créer des nouveaux repères. Ils ont tous changés. Un homme m’aimait. C’était sûr, c’était rassurant, c’était mes fondations sentimentales. Fondamentales. Tout perdu. Perdu ma part de lui. Lui en moi. L’un dans l’autre. L’une sans l’autre désormais.

Meurtrie je suis, pas meurtrière. Meurtrie, blessée, fêlée. Vidée de mes entrailles. Plaie ouverte, béante. Malgré la cicatrice. Ma première opération chirurgicale. Mon premier amour. Ai déchiré ce tendon en souvenir de toi. Masochiste.

J’ai utilisé ma force pour des choses qui me paraissent dérisoires aujourd’hui. Le travail, le quotidien. Moyens nécessaires pour retrouver des repères et continuer à vivre un semblant de vie. Ce qui était ma vie. J’ai utilisé ma force. Tout utilisé. Usé de ma force. Usée de ma force, surtout. Me suis montrée plus fragile que jamais, mais plus forte aussi. Je t’ai survécu et me demande toujours pourquoi. Comment. Je t’ai survécu, mon amour, et les larmes coulent maintenant. Comment j’ai fait ? comment je fais ?
Je t’ai survécu. Je ne sais plus si je voulais mourir avant toi. Trop tard.
Je t’ai survécu et j’ai l’impression d’être saoûle.

Je ne sais pas si tu me reconnaîtrais. Si, sans doute. Les autres oui. Ils me retrouvent, je crois, et ça leur fait plaisir. Mais toi, le fond de moi, tu le reconnais ? toi qui me connaissais si bien, si juste ? tu me connaissais au cœur.

Elle m’avait dit que tu lui disais souvent « un jour je vais me foutre en l’air ». Et c’est précisément ce que tu as fait. Tu t’es confié à l’air, jeté dans le vide pour échapper au tien, à ton trop plein, plutôt. Et j’en suis toujours triste et souffrante. À moi tu ne l’as jamais dit, et j’ai pleuré parce que c’est beau que tu m’aies protégée ainsi.

Tes photos pour ressasser le passé. Tes photos pour me rappeler que je me bats. Les miennes pour me rapprocher de la vie. Les tiennes pour me raccrocher à celle que nous avons eue en commun. Toujours cette idée que nous avons eu un enfant. Nous l’avons conçu, lui avons donné vie sans le mettre au monde. Et cet enfant me manque.

C’est moi maintenant la femme désertée. Il me manque quelque chose. Brisée. Meurtrie. Fêlée. Grave toujours au fond. Dans le fond du fond. Du fond de moi. Ce soir je ne suis là pour personne. Personne. Je ne suis là pour personne. Que pour moi. Et mon amour.

Oui, je suis fatiguée, non, je n’ai pas assez dormi. Oui il fait trop sombre maintenant. Je suis fatiguée. Ce soir je rêverai d’un câlin de toi, mon amour, de tes bras, tes grandes mains. Je prendrai un cachet, aussi.
 
 
 
Illustration: Femmes à la couverture, Berlinde De Bruyckere

19 mai 2008

Cliché

 
 
 
Je vois ton corps blanc au bord de l’eau. Il fait nuit mais la lune se reflète sur le bas de ton dos. Je suis nue enroulée dans une couverture, te regardant. Je vois tout ça en noir et blanc. Beaucoup de grain, celui de ta peau qui contraste avec le ciel, le sol. Je vois le feu. Je vois l’émotion. Pas de mes sentiments pour toi mais pour le moment. Une larme dans le silence.

 

 

Illustration sonore : Tori Amos – 1000 oceans (To Venus and back)

 

17 mai 2008

Mais où est passée ma vie sexuelle?

 
Personne l'a vue?

13 mai 2008

Pieu mensonge


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- J’ai du mal à dormir seul

- Moi aussi … …


Illustration sonore : Camille – Waves (Music hole)

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