28 octobre 2007

Bridjet's gone


Je lis des femmes et leurs histoires de couples ou de copules (suis un peu dyslexique, parfois).
Et moi ? rien, queu(e)dchi. Je ne sais plus (et ne sais pas si je saurai de nouveau) ce que c’est que vivre avec un homme, décider (ou non) de vivre avec, donner la clé de son appartement (à quelqu’un d’autre que des copines), dire je t’aime, se l’entendre dire, se parler simplement de l’avenir ensemble, partir en vacances avec, en week-end, aller au cinéma en amoureux, être invitée au restaurant par son amoureux, faire des surprises, penser à l’autre, ne pas se poser trois milliards de questions avant d’envoyer un SMS de la lose (parce que de toute façon il ne sera pas de la lose), recevoir une réponse qui tue (tu vois, je t’avais dit que c’était pas un SMS de la lose), entendre (et avoir aussi) « envie de te revoir », avoir rendez-vous (et se rendre...), fondre sous un regard, ne pas avoir couché le premier soir…

Alors je vais dire comme une copine : mes amis en couples envient ma vie de célibérée, alors que moi je n’envie pas la leur. (Ça marche vraiment la méthode Coué ?)


(Z'crois qu'z'voudrais zuste un truc qui ressemblerait à une chtite histoire...)

 

 

Illustration sonore: La Grande Sophie & Clarika - L'amour ça pardonne pas 

27 octobre 2007

Yes I'll be

J’intégrerai cela comme j’ai intégré le reste. Je vivrai avec et je pourrai vivre pour moi.
 
Que ma douleur soit plus sereine. Qu’elle se calme un peu. Me dire que tu es bien, et surtout me convaincre que tu ne l’aurais jamais été de ton vivant. Je crois que c’est ça le plus dur. C’était peut-être ma seule foi, ma seule croyance, mon seul espoir : que tu sois serein un jour. Un jour qui durerait longtemps.

 

Maintenant j’ai le droit d’exprimer l’amour tendresse que je ressentais encore pour toi. Une part de moi m’en veut un peu de ne pas te l’avoir exprimé, que tu sois parti sans le savoir. Mais tu le savais, hein ? Tout comme je sais depuis longtemps que l’amour ne suffit pas.


podcast


Illustration sonore : Radiohead – Yes I am (Unplugged)
"And I resent you calling
I resent your voice
I resent that I
Don't have a choice

And yes I am... wary
Yes I am, I..."

26 octobre 2007

À quoi ça joue?

Peu dormi. Fatiguée. Un xanax. Une après-midi dans la moyenne.

et puis 

Un mec intéressant (oui je sais j’avais dit pas au boulot) (oui mais je peux changer de boulot). Un verre de rouge (je devrais pas). Des filles rigolotes.

et puis 

Une petite balade dans Paris la nuit. Un I-pod qui choisit bien.

et puis 

Je ne rentre pas chez moi ce soir.


Illustration sonore: La marée haute - Lhasa

"La tête est pleine mais le coeur n'a pas assez"

 

(Elle, elle dit "à quoi ça tient?) 

21 octobre 2007

Déraison d'aimer

Il y a mon amour ressuscité pour leMari.
Il y a que je n’accepte pas sa mort, que je ne veux pas comprendre la maladie, le geste, la violence.
Il y a le manque, la solitude, les souvenirs désormais impossibles à partager.
Il y a ma culpabilité, sournoise, insidieuse, qui ne se manifeste pas comme elle devrait, sans doute. Tout le monde a exprimé sa part de culpabilité. Tout le monde sauf moi. On ne m’en a pas laissé le temps, j’ai rationalisé tout de suite. Aujourd’hui, je dois fouiller ce qui me ronge, là où je me sens responsable, pour ensuite retrouver la raison.
Il y a les larmes désormais quotidiennes.
Il y a lui en moi. Lui que je n’ai pas connu pendant toute une année. Alors irrationnellement je peux dire (et laissez-moi le dire) que je n’ai pas été là pour lui. Et que je m’en veux.


Et voilà ma raison qui revient toujours. Fuck it. Laisse-moi me laisser aller. Laisse-moi dire n’importe quoi. Laisse-moi ressentir, laisse-moi le blues, la noirceur. Laisse-moi l’irrationnel. Laisse-moi vivre mon deuil douloureusement. Laisse-moi être pour lui ce que je n’ai pu être sa dernière année. Laisse-nous nous remettre ensemble. Une dernière fois. Après tant d’autres. Nos séparations n’avaient jamais été définitives. Sauf celle que j’ai choisie seule. Celle qu’il a choisi de transformer en irrémédiable.
Je lui avais dit, je lui avais dit. Divorcer n’aurait rien changé : si nous avions voulu nous remettre ensemble, ça n’aurait rien empêché. Nous n’avons pas divorcé. Nous aurions dû, début octobre. Mais les morts ne se présentent pas aux audiences. Peut-être il faudra que je divorce seule. Mais laissez-moi être mariée encore un peu avec lui. Pour le meilleur ou pour le pire, dans la santé et la maladie. Dans la vie et dans la mort. Il m’a associée à sa mort.


Voilà ce qu’il y a en moi. Voilà les tripes, voilà l’irrationnel. Voilà les larmes hurlantes. Voilà mon côté sombre, celui que je n’assume qu’avec moi. Par peur d’effrayer.


Et bien sûr que j’ai froid. Et bien sûr que je suis fatiguée. J’en ai assez de tout faire comme il faut. J’en ai assez. Je veux dire que je ne suis là pour personne. Parce que c’est vrai. Je ne suis là que pour un mort.

Je lui en veux. Je lui en veux de ne pas avoir réussi. De nous avoir tous donné tort.
Je pleure pour ça. Je suis triste et enragée. De l’injustice. Il ne méritait pas ça. Je pleure sur lui, pas sur moi.
Il a tué la possibilité que nous soyons amis, ou amoureux un jour de nouveau. Que nous nous retrouvions 20 ans après, comme on se le disait. 


Alors oui je vais vivre, je sais comment on fait. Mais là, non. Laissez-moi mourir un peu.

 

 

Higher



Je voudrais que quelqu’un m’emmène quelque part.
Des envies de San Francisco, Bruxelles, Londres... whatever. Même pas longtemps mais un peu loin.

Je voudrais que quelqu’un m’emmène, m’entraîne, un peu plus loin.
Des envies de road-trip à regarder mélancoliquement filer les paysages avec du bon son. Chanter à tue-tête aussi pour couvrir le bruit du moteur de nos fous rires et fausses notes.

Je voudrais que quelqu’un m’emmène là où il aime, me montre, me fasse partager, me donne.
Des envies de faire confiance, de me laisser guider, de le perdre parce que j’ai suivi mon intuition et de lui faire découvrir aussi alors qu’il pensait connaître.

Je ne veux pas que quelqu’un m’attende quelque part, je ne serai pas au rendez-vous.

Je voudrais que quelqu’un m’emmène ailleurs voir si j’y suis.
 
 
 
 
 
Illustration sonore: Ben Harper - Walk away (welcome to the cruel world)
"They say time will make all this go away, but it's time that has taken my tomorrows and turned them into yesterdays."

 

18 octobre 2007

Horny* soit qui mâle y pense

 

 

Sauf que là, j'bois plus...

 

 

 

Illustration sonore: Too drunk to fuck (Dead Kennedys) by Nouvelle Vague

* titre inspiré by pixie, once again…

La commedia della vita

f2c8505d32b2c2a0f3c228c4a3968094.jpgLa semaine dernière:

-    on ne vient pas te chercher ?
-    non, mon ami est décédé il y a un mois. Personne ne viendra plus me chercher.
-    …
-    C’est comme ça, c'est la vie…


Alors ce soir je n’ai pas pu m’empêcher de la regarder, d’observer si son visage portait des traces, voir comment elle cachait.
Résultat c’est moi qui ai craqué. Et là elle m’a dit: «Il ne faut te laisser aller. Moi je ne me laisse pas aller à la souffrance, je tiens comme ça.»

Ce n’est pas la première fois que nous avons un désaccord... Je ne me laisse pas aller, je laisse aller, nuance. Parce qu’à trop retenir, ça me revient dans la face comme un boomerang bourré à la dynamite. Je laisse aller. Pour que ça aille ensuite.
 
 


Illustration sonore : Sharon Jones – I’m not gonna cry

17 octobre 2007

A force de rien

Vouloir appeler l’amant de cette nuit et lui dire qu’on a encore envie de le toucher, mais s’empêcher de faire passer des sentiments erronés.

Se donner à un travail qui n’est pas le sien, jusqu’à en souffrir dans sa chair.

Désirer faire plein de choses, mais n’avoir plus suffisamment d’énergie.

Mettre de côté même l’humain, parce qu’on a la force de rien…

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16 octobre 2007

Inséparés (2)

Les larmes sont celles du manque. La douleur c’est celle là. Très comparable à celle d’une séparation non voulue. Je parle beaucoup de lui, je le crains. Mais personne n’osera me dire Arrête de penser à lui, c’est fini.

Je vais mieux parce que j’accepte cette douleur-là. J’accepte le manque. Je me raccroche à mes souvenirs avec lui, par peur qu’ils s’effacent, sans doute. Et en même temps je suis surprise de voir comme me reviennent des choses que je pensais avoir oubliées.

Les photos sont là, les mots aussi.

Je parle beaucoup de lui.
 
 podcast
 
Illustration (et inspiration de Inséparés) sonore: Arthur H - Inséparables mais... (Piano Solo)
 
 

14 octobre 2007

Ouvrez les guillerets

«Il est parti d’un seul coup, voyez-vous. Ça fait un gros choc, quand vous perdez quelqu’un de tellement proche que vous aviez oublié qu’il était là. C’est seulement quand vous découvrez qu’il y a un espace là où il n’y en avait pas avant que vous vous rendez compte. Ça fait un vide, un frisson, un courant d’air. Et vous vous dites : Il n’y avait pas quelque chose, là ? C’est à ce moment que vous comprenez.
(…)
De sorte que, voyez-vous, c’est cet espace qui m’est devenu cher. L’espace à côté de moi, le vide. Le manque. Si je le comblais, j’oublierais. Et je ne veux pas oublier. Tout ce qu’il me reste de lui, c’est le vide qu’il a laissé. J’y tiens beaucoup.
»


(So far, so close, he's got a blog!
Mister Ridgway, thank you for your words.)

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